mardi 24 avril 2018

Appel à témoignages

Or donc une bande-dessinée de 7 pages, aimablement dessinée par Benoit Feroumont, a été mise en ligne sur le site de la Revue Dessinée, et je vous invite à y jeter un oeil !


Mais il s'avère aussi que cette bd, outre son objectif premier - qui était d'évoquer le cas de Fodé et d'alerter l'opinion sur la dureté de l'accueil de mineurs isolés en France - a aussi pour but de lancer une campagne d'appels à témoignages auprès de personnes ayant déjà aidé des migrant.e.s, d'une manière ou d'une autre. Racontez-nous vos rencontres, vos discussions, vos chocs culturels !




Ainsi donc, si vous avez déjà hébergé ou juste dépanné un.e de ces exilé.e.s, faites-le savoir à la Revue Dessinée en leur écrivant à contact@larevuedessinee, ou via leurs réseaux sociaux, en racontant un peu comment ça s'est passé. L'idée est de pouvoir un peu "incarner "- par des souvenirs marquants, des anecdotes - ce qui se passe actuellement en France en matière d'entraide, au delà des statistiques ou des articles sur internet...



Les récits les plus intéressants pourront se retrouver illustrés par l'un ou l'autres des différents talents de la Revue ! C'est pas chouettos, ça ?





lundi 19 mars 2018

Questions/Réponses à propos du post précédent.






Après avoir encore délaissé ce blog quelques temps, je reviens en mon antre numérique pour :
1) remercier toutes celles et ceux qui nous ont massivement adressé des messages de soutien en cette période tumultueuse
 2) répondre à quelques questions qui m’ont été posées, directement ou indirectement, à propos de notre histoire avec Fodé.

(Par souci d’honnêteté intellectuelle, je précise au passage qu’il pourra m’arriver de légèrement reformuler - oh, mais si peu – certaines des réactions parfois vivifiantes qui circulent sur les réseaux sociaux.)




Rodrigue : « Comment diable vous êtes-vous retrouvés dans une association d’aide aux migrants ? C’est pas banal, cette affaire ! »


C’est une discussion téléphonique avec une libanaise à propos de la série « Seuls » qui a servi de déclencheur.
Je cherchais en effet à rédiger une sorte de « Manuel de Survie pour Enfants » (inspiré du « Manuel des Castors Juniors » de mon enfance - un projet que je compte finaliser d’ici environ 2 ans, soit-dit en passant) et m’étais mis en tête de discuter avec des personnes du monde entier ayant traversé des évènements difficiles.

Or, alors que j'échangeais avec cette personne qui vit au Liban et a traversé plusieurs guerres civiles, nous avons commencé à évoquer le sujet des migrations : cette femme m’a en effet raconté sa propre frayeur devant l’arrivée de nombreux migrants du sud-Liban qui venaient s’installer dans son quartier.



« De loin, je ne savais pas trop quoi penser de ces gens, s’ils étaient sympathiques ou dangereux, et du coup, je ne savais pas comment me comporter vis à vis d’eux » me disait-elle. « Puis j’ai suivi le conseil d’un ami, qui m’a proposé d’aller y voir de plus près, en passant près de leur campement une première fois, sans forcément m’arrêter longtemps, juste pour un premier contact, avant de revenir quelques jours après, pour les revoir à nouveau, etc… Ce que j’ai fait. Et c’est comme cela que j’ai fini par ne plus avoir peur d’eux, en constatant qu’ils étaient des gens comme les autres, qui avaient dû quitter leur maison en catastrophe et avaient juste besoin d’aide. »

Cette petite phrase m’est restée longuement en tête, avant de me pousser (avec ma femme Géraldine) à aller aussi « y voir de plus près », dans une association nantaise d’aide aux mineurs isolés. La suite, ça a été cette belle rencontre avec Fodé – une rencontre qui s’est toutefois étalée sur plus d’un an, car il faut du temps pour apprendre à connaître l’autre, avant d’oser se lancer et lui faire confiance.





Paulina : « Suite aux articles parus dans la presse ou sur le web, où en êtes-vous avec la Préfecture de Nantes ? »

He bien il semblerait que la Préfète Nicole Klein s’intéresse désormais d’assez près au dossier de Fodé, et que notre demande de « recours gracieux » (permettant d’annuler la décision précédente de refus de titre de séjour) puisse être accepté. En revanche, cela concernerait plutôt un visa « étudiant » au lieu de « Vie et Famille ». Mais c’est un début, et nous comptons bien poursuivre nos démarches pour permettre à Fodé de rester encore avec nous.







Michel : « Ne le prenez pas mal, mais ne serait-il pas typique d’une certaine gauche bien-pensante que de préférer aider des migrants – si exotiques et pittoresques – au lieu d’aider de bons français bien de chez nous ? Cordialement. »

Peut-être me faut-il préciser que Géraldine et moi avons aussi parfois aidé de « bons français bien de chez nous », en logeant par exemple pendant 6 mois une personne qui avait besoin d’un hébergement, ou en prêtant pas mal d’argent à un Sdf du quartier, etc... Simplement, ces personnes ne risquaient pas une expulsion contre leur gré, et nous n'avons comme qui dirait pas jugé utile de communiquer dessus (... on aurait peut-être dû, remarquez : ne serait-ce que pour retrouver le Sdf quand il s'est barré avec notre argent, haha).



Hector : « En hébergeant un migrant, il est possible – mais je ne suis sûr de rien – que vous participiez à un appel d’air qui pourrait – c’est en tous cas mon humble hypothèse – attirer moult autres migrants dans notre si beau pays, au risque de le fragiliser.  Avec tout mon respect. »


 



De fait, la question des flux migratoires est infiniment complexe, et je ne serai pas de ceux qui affirment avec 100% de certitude qu’il faut ouvrir totalement nos frontières à tous les migrants.

Et je ne peux que constater que les pays qui sont en première ligne de ces flux migratoires ont parfois bien de la peine à gérer ces situations de crise humanitaire : mais le rôle de l’Europe devrait précisément être de tenter de gérer cette question de manière globale, au lieu de regarder ailleurs. La récente réaction de replis qui s’est manifestée dans les urnes italiennes, si elle m’inquiète beaucoup, ne m’apparait en revanche guère surprenante, quand les autres pays supposés être solidaires ne bougent pas un orteil (ou presque) pour aider la péninsule à encaisser des vagues migratoires qui ne sont pas près de s’arrêter.




Je ne suis donc sûr de rien… si ce n’est tout de même que, d’une part, la majorité de ces migrants est en danger de vie ou de mort et qu’ils ont donc désespérément besoin d’aide, et que, d’autre part, la France me parait plus solide et forte que certains patriotes autoproclamés ne semblent paradoxalement le croire. Ceux qui nous imaginent déjà victimes d’un « grand remplacement » sous-estiment selon moi l’immense capacité d’intégration dont notre pays a déjà fait preuve jusqu’à ce jour (avec les vagues polonaises, italiennes, pieds noirs, algériennes, portugaises, et j'en passe…). A mes yeux, la France n’est pas un « Grand Corps Malade » : je la crois au contraire puissante, saine, pleine de ressources, et je me sens donc tout aussi patriote que d’autres.





En revanche - et je rejoins les sceptiques sur ce point - cette question exige de penser sérieusement une vraie politique d’intégration, et donc d’y mettre des moyens (ceux et celles qui ont déjà vécu dans un ghetto de banlieue voient de quoi je veux parler), sans quoi des heurts évidents peuvent parfois se produire entre des populations aux mœurs fort différentes.

Et d’autre part, tout cela ne doit bien entendu pas dédouaner les pays d’origine de ces migrants d’une authentique remise en question... Car des nations qui font fuir leurs habitants ont quand même généralement un réel problème à régler, non ? (…même si une partie de ce problème peut provenir des contrecoups à long-terme d’anciennes colonisations, ou tout simplement des conséquences désastreuses d’un libéralisme mondial ahurissant… mais nous n’allons hélas pas pouvoir aborder tous ces sujets en un seul post).



Louis-François : « Voulez-vous que je vous fasse suivre certaines réactions très très très critiques que j’ai pu lire, ça et là sur le net, à propos de votre histoire ? Elles sont parfois instructives, même si très très très mordantes. »






Je comprends parfaitement que des gens ne soient pas d’accord avec moi et aient envie de le faire savoir à leur manière. Après tout, c’est aussi ça, « l’esprit Charlie » pour lequel nous avons été si nombreux à défiler le 11 janvier 2015 :  savoir accepter l’expression de toutes les opinions, aussi corrosives soient-elles.

En revanche, de même que personne n’est obligé de lire Charlie Hebdo, je ne me sens aucunement obligé de lire tous les post qui me concernent.  Et si je suis prêt à entendre la contradiction quand elle est formulée de manière courtoise (comme les jolies questions proposées sur ce blog), je m’autorise par contre joyeusement à ignorer tout le reste.

Mais c’était gentil de proposer, Louis-François.



mardi 13 février 2018

Et après un an d'absence...

... Voire deux, diront les mauvaises langues, je me permets de revenir subrepticement sur ce blog-fantôme pour évoquer le début d'une mini-campagne de com' qui débute dès aujourd'hui avec ce très bel article des Inrocks, à découvrir ici. D'autres entretiens suivront par la suite, dans différents médias (tout du moins à mon échelle, hein, on fait ce qu'on peut).

Si moi et ma famille (= en tout et pour tout constituée de ma femme Géraldine Gourbe, et de notre protégé Fodé Condé) avons choisi de rendre publique des évènements qui étaient jusque là destinés à rester de l'ordre de la sphère privée, c'est parce que ce jeune migrant guinéen, que nous hébergeons depuis décembre 2016, s'est vu refuser son titre de séjour par la Préfecture de Nantes, malgré une intégration que j'estime plus qu'exemplaire.

J'aurai donc l'occasion de revenir sur ce récit dans les jours qui viennent, et de manifester comme il se doit mon sentiment d'incompréhension et de colère devant ce que je considère tout simplement comme une défaillance de la République Française et de sa "politique migratoire" (garder les guillemets).

Affaire à suivre, donc


lundi 30 mai 2016

Soirée Spéciale Herbier Sauvage, aujourd'hui sur Nova !


Eh oui, les ami-e-s, c'est à 21h30 - quand le soleil flirtera encore avec l'horizon, alors que le ciel sera en équilibre instable entre chien et loup - que débutera une soirée entière consacrée à mon dernier livre, dans l'émission Nova Book Box, sous le titre poétique et mystérieux : "Il m'étrangle et ça va mieux."

Une lecture déjantée et bien évidemment réservée aux plus de 18 ans (de toute façon, si vous êtes plus jeunes, vous serez tout aussi évidemment au lit dès 20h15, petits chenapans).

Sinon, tout va pour le mieux du côté de la sortie du livre : je reçois de nombreux gages de sympathie et de soutien à l'ouvrage, ça fait rudement chaud au coeur !

En fait, les seules contrariétés à déplorer sont venues du côté... d'internet.

D'une part parce qu'Amazon nous a demandé de modifier le visuel de présentation du livre, qui n'avait pas l'heur de plaire à des ligues catholiques qui en ont exigé le retrait... Voilà qui est tout à fait instructif.

Ceux et celles d'entre vous qui achètent sur ce site (tout en se fournissant encore plus régulièrement à votre librairie du coin, je l'espère ?!) devraient donc bientôt pouvoir trouver l'Herbier avec le visuel ci-dessous :
(... en espérant toutefois que nulle ligue de vertu ne s'offusquera de la présence un peu trop explicite des pieds du divan.)

Quant au second motif de contrariété, il est plus personnel mais tout aussi pénible.

En effet, depuis que je consulte sur internet les sites évoquant l'Herbier Sauvage, les subtils algorithmes de Google, Yahoo and Co se sont persuadés que je ne voulais plus que lire des livres de cul - et plus rien d'autre - et m'en proposent donc par paquet de douze dans les spams qui viennent envahir mon écran. Je veux mourir.
Il semblerait donc que ma web-réputation soit désormais complètement cramée, j'en ai peur. Et mon éditrice n'a plus qu'à se voiler la face.

La pauvre.

mercredi 25 mai 2016

Après des années de collecte patiente...

... Je suis très heureux de vous annoncer que c'est aujourd'hui que sort en librairie mon dernier livre, L'Herbier Sauvage !

Ce recueil de textes, illustré par l'immense Chloé Cruchaudet, regroupe le fruit de nombreux entretiens effectués depuis près de six ans à propos de la sexualité des français. Autant dire que ce livre est strictement réservé aux plus de 18 ans.




J'ai déjà eu amplement l'occasion d'évoquer ce projet lors de sa prépublication dans Professeur Cyclope, ou encore sur ce blog dédié, et me contenterai donc d'ajouter que le livre est magnifique, et que je suis très fier et heureux de cette première collaboration avec l'éditrice Clotilde Vu et avec les Editions Soleil. Mon oeil trop critique repère bien encore ça et là quelques défauts mineurs, mais rien qui ne gâche mon plaisir de voir enfin en librairie ce premier opus d'une série d'au moins trois (dont chacun sera illustré par un dessinateur ou une dessinatrice différent-e).



Les plus curieux et curieuses d'entre vous découvriront donc en lisant cet ouvrage plus de 70 récits, recueillis au fil de mes rencontres avec des contributrices et contributeurs anonymes. Des récits parfois drôles, parfois tristes, parfois excitants, parfois dramatiques ou poétiques, mais qui apportent chacun leur propre musicalité, leur manière singulière d'évoquer la sexualité ou l'érotisme.


Quant aux illustrations de Chloé, que dire si ce n'est qu'elles sont magnifiques : ni vulgaires, ni trop allusives, elles donnent littéralement chair à une trentaine de ces histoires, avec un talent incomparable.
Un grand merci à elle d'avoir accompagné cette aventure depuis ses débuts !


Si donc vous avez plus de 18 ans, chers internautes, n'hésitez pas à vous ruer sur ce bel ouvrage pour le dévorer... Vous me direz ce que vous en avez pensé !










jeudi 19 mai 2016

Ca tape dur à Nantes...


... et pas uniquement sur les manifestants qui foulent le pavé du centre-ville (j'y reviendrai).

Je voulais en effet d'abord vous parler d'un récent tournoi qui a eu lieu sur les quais, il y a de cela quelques jours...  (les photos qui suivent sont de PAT - ou de votre serviteur quand elles sont un peu floues).


Eh bien oui, il s'agissait de "Lucha Libro", une compétition venue du Pérou, où l'exercice se pratique depuis déjà plusieurs années.


Le principe consiste à confronter - sur un ring du plus bel effet - des styles variés d'écritures lors de jouxtes textuelles opposants des écrivains masqués, avant de laisser le public choisir son vainqueur...

Ouuuh, toute cette brutalité, ça file les chocottes, pas vrai ?


Que Benjamin Reverdy - de l'association Mille Feuilles - soit ici remercié, car c'est lui qui a eu l'idée de rapatrier cette chouette animation à Nantes, où on avait certes déjà vu des matchs de dessinateurs à moustaches, mais encore jamais d'écrivains cagoulés.
C'aurait été bien dommage de s'en priver.


C'est donc jeudi dernier qu'une foule impatiente et curieuse s'est présentée à Mille-Feuilles, près du Hangar à Bananes,  tandis qu'en coulisses (où on m'avait aimablement autorisé à venir saluer les combattants anonymes), la pression montait lentement mais sûrement.


Et TADAAAAM, les duels ont commencé avec un bel entrain !

Imaginez un peu le tableau :  à chaque match, les organisateurs donnent une contrainte (= écrire d'après deux photos, écrire d'après un mot, etc) aux deux compétiteurs du moment, qui doivent ensuite se démerder-mimile pour inventer et taper sur leur écran d'ordi la meilleure histoire possible, le tout pendant 8 minutes et devant des spectateurs certes sympathiques mais attentifs au moindre dérapage, les fourbes.


Se sont donc enchaînées moultes rencontres épiques entre des adversaires tels que El Pepito et son Greffier de l'Enfer, la Rouquine Carmélite, El Profesor Cabrón, Willy Wolf...


... ainsi que la jeune Silverita, Absolut Limonov, Ludwig Von Pleier ou bien encore le très daft-punkien El Cascador (mon préféré, je dois bien l'avouer - car outre un très joli casque, ce diable d'homme semble posséder toutes les qualités que je souhaiterais secrètement posséder).


Les coups bas ont été légions, les rebondissements aussi. Quant à la qualité littéraire, elle n'était certes pas toujours digne de Tolstoï, comme qui dirait, mais dans le public, je dois reconnaître que nous avons bien ri.


Le tout était musicalement accompagné par les soins de "DJ Grizzly Mexicain", qui a fait du très bon boulot dans sa jolie robe rouge.


Ne conservons pas le suspense plus longtemps, la finale a donc opposé deux survivants exténués, El Cascador et Absolut Limonov, et c'est à l'issue d'un ultime combat de 8 minutes qu'un jury impartial (l'éditeur Bernard Martin) a décidé - de manière unilatérale et avec une parfaite mauvaise foi - que le grand vainqueur ne serait autre que...





 ... Mon choucou El Cascador, aussi surnommé "le Dandy de la Gamelle" !!!
Mon très cher et mystérieux héros, si jamais tu lis ce blog, sache que j'accepterai volontiers d'être ton fidèle acolyte Gamellito lors d'une éventuelle nouvelle compétition.

Bref, encore merci à toute l'équipe de Mille-Feuilles pour ce chouette moment.

A quand le prochain tournoi, que la Rouquine Carmélite puisse éventuellement prendre une spectaculaire revanche contre son némésis casqué  ?




mercredi 20 avril 2016

Instagram et tournage de Seuls.

Un rapide post pour vous informer de la création d'un compte instagram,  plus adapté à mon usage du moment que le présent blog, lequel me servira tout de même parfois pour développer certains sujets.

L'adresse  vehlmannfabien permettra donc aux lectrices et lecteurs intéressés par mon travail de retrouver des images de mes travaux en cours, des photos pas réellement indispensables, ou encore des nouvelles de l'adaptation cinématographique de "Seuls" par David Moreau.

Et voici d'ores et déjà la photo des 5 gagnants du concours organisé par les éditions Dupuis et StudioCanal, qui permettait d'assister à une journée de tournage. Bravo à eux !




A très bientôt, donc.